Chirurgie d’un jour : un enfant a obtenu son congé de l’hôpital trop rapidement

Pays : CANADA
Institution : Protecteur du citoyen du Québec
Domaine d’intervention : Accès à la santé

Explication du problème

Les parents d’un enfant qui s’est fait enlever les amygdales estiment que le personnel infirmier n’a pas su en prendre adéquatement soin, en le laissant quitter l’hôpital alors que sa condition de santé était encore instable. Ils portent plainte au Protecteur du citoyen du Québec.

Intervention

  • L’amygdalectomie est une opération d’un jour qui, bien que commune chez les enfants, comporte un risque de complications telle l’hémorragie.
  • L’enfant a subi son opération en matinée et a été autorisé à partir en milieu d’après-midi.
  • Entre-temps, il a eu des vomissements imprégnés de sang.
  • L’enfant, encore affecté par l’anesthésie, s’est également plaint d’être fatigué et d’avoir mal à la gorge. On lui a donc déposé une débarbouillette froide sur la gorge et mis un suppositoire pour le soulager.
  • Avant de partir, la mère a reçu quelques consignes de circonstance.
  • L’analyse du dossier montre cependant que l’enfant n’était pas prêt à obtenir son congé de l’hôpital.
  • En effet, l’infirmière qui a évalué son état lui a donné une cote de 7 sur 10, notamment parce qu’il avait vomi à deux reprises et parce qu’il avait besoin d’aide pour circuler.
  • Une cote de 9 ou de 10 sur 10 est habituellement nécessaire pour être autorisé à quitter l’hôpital après une opération d’un jour.
  • Soulignons par ailleurs que la cote de l’enfant était surévaluée puisque deux points (sur deux) ont été attribués selon un critère relatif à la nécessité de changer un pansement ou non. Or, comme une amygdalectomie ne nécessite jamais de pansement, il est inadéquat d’évaluer l’état du patient selon ce critère.
  • Notons également que la section où l’enfant était hospitalisé était encore ouverte pour quelques heures, ce qui lui aurait laissé du temps pour se reposer et permettre à son état de se stabiliser.
  • De plus, aucune note concernant les signes vitaux de l’enfant n’était inscrite au formulaire prévu à cet effet.
  • Finalement, comme l’opération a eu lieu un vendredi, le suivi postopératoire a été effectué le lundi suivant, soit environ 72 heures plus tard, alors qu’il aurait dû être fait après 24 heures.
  • Dans d’autres établissements, ce suivi postopératoire se fait aussi la fin de semaine, grâce au service de première ligne.

Résultats et suivi

À la suite de son analyse, le Protecteur du citoyen du Québec a émis six recommandations afin d’éviter que de tels événements se reproduisent.

Il a entre autres recommandé à l’établissement d’élaborer un protocole infirmier d’évaluation et de surveillance d’un usager post-amygdalectomie, afin d’y inclure les particularités de ce genre d’opération chez un enfant.

Il a aussi recommandé de former le personnel infirmier concerné par ce protocole et de s’assurer que celui-ci remplit adéquatement le formulaire au dossier, incluant la collecte de signes vitaux.

De plus, il a recommandé que soient révisés les critères objectifs de libération postanesthésiques, pour qu’ils incluent les opérations ne requérant aucun pansement.

Finalement, mentionnons que le Protecteur du citoyen du Québec a recommandé que soit instauré un suivi postopératoire 24 heures après ce genre de chirurgie, même la fin de semaine.

L’établissement a répondu favorablement à l’ensemble des recommandations en implantant sans tarder de nouvelles dispositions afin d’améliorer les soins et services.