Non-respect des dispositions applicables en matière de renouvellement d’un contrat de mise à disposition d’un travailleur intérimaire
Pays : LUXEMBOURG
Institution : Médiateur du Grand-Duché de Luxembourg
Domaine d’intervention : Prestations sociales (retraites, chômage, sécurité sociale, …)
Explication du problème
L’Ombudsman a été saisi par un réclamant qui ne comprenait pas pour quelle raison les indemnités de chômage lui avaient été refusées. Selon l’ADEM, il ne remplissait pas la condition de stage prévue à l’article L.521-6 du Code du travail. En vertu de cet article, il faut avoir travaillé pendant au moins 26 semaines (182 jours de calendrier) au cours des douze mois précédant le jour de l’inscription comme demandeur d’emploi.
L’ADEM indiquait que le réclamant n’avait travaillé que 21 semaines au cours de la période de référence. Le réclamant expliquait qu’il travaillait pour une société de travail intérimaire qui le mettait à disposition de la même société cliente pendant presque un an. Il n’aurait pas toujours travaillé pendant tout le mois, mais il estimait néanmoins remplir la condition de stage.
Intervention
Lors de l’instruction du dossier, il s’est avéré que la société de travail intérimaire n’a affilié le réclamant que pour les jours effectivement travaillés et l’a désaffilié même pour les jours de repos.
Cette façon de procéder de la part de la société de travail intérimaire entraînait non seulement que le réclamant ne disposait pas de couverture sociale pour les jours de repos, mais encore qu’il était privé de son droit aux indemnités de chômage.
L’Ombudsman a discuté de cette problématique avec l’ADEM qui à son tour l’a signalée au Ministère du travail et de l’emploi.
Résultats et suivi
Le refus des indemnités de chômage par l’ADEM était malheureusement justifié, puisque le réclamant ne cumulait pas assez de jours d’affiliation obligatoire. Mais, sur base des discussions avec l’Ombudsman et l’ADEM, le réclamant a contacté son ancien employeur, la société de travail intérimaire, et l’a rendu attentif au fait que sa manière de procéder n’était pas conforme à la législation.
Après plusieurs discussions, l’employeur a été d’accord pour rectifier les affiliations du réclamant, afin de se conformer au moins en partie à la législation. La rectification des affiliations a finalement permis au réclamant de bénéficier des indemnités de chômage.
Compte tenu de la problématique rencontrée, l’Ombudsman recommande au Ministère du Travail de bien vouloir rappeler à tout entrepreneur de travail intérimaire les dispositions applicables en matière de renouvellement d’un contrat de mise à disposition et de s’assurer, pour autant que possible, de leur respect

