
– Ombudsman de la République de Bulgarie –
27 juillet 2026
La démolition forcée des bâtiments du quartier de Lozenets prévue pour aujourd’hui, le 27 juillet 2026, doit être reportée jusqu’à ce qu’une évaluation individuelle à jour de la situation de chaque foyer affecté soit réalisée et que des mesures spécifiques soient prises pour protéger les personnes à risque de devenir sans-abri.
C’est la demande faite dans une lettre adressée au Maire de la municipalité de Stara Zagora, Zhivko Todorov, signée par la Médiatrice adjointe Maria Filipova.
La lettre a été envoyée à la suite d’une inspection menée par une équipe de l’Institution de l’administration municipale et sur place dans le quartier le 23 juillet 2026. Les procédures d’application à venir couvrent 30 bâtiments résidentiels pour lesquels des ordres de démolition ont été émis en vertu de la loi sur l’aménagement du territoire.
L’inspection a révélé que l’évaluation sociale soumise par la municipalité locale avait été réalisée le 13 juillet 2026 – plus de cinq mois après l’émission de l’ordonnance d’exécution et seulement neuf jours avant la date initialement prévue de démolition. Le document ne couvre que 13 ménages interrogés et ne contient pas de données complètes et fiables sur tous les bâtiments, familles concernées et enfants.
Les experts de l’institution ont également identifié des divergences significatives entre les informations fournies par la municipalité locale, l’évaluation sociale et les déclarations faites par les résidents eux-mêmes. Six des ménages interrogés ont explicitement déclaré qu’ils n’avaient nulle part où aller et qu’ils avaient besoin d’un logement. Les personnes concernées incluent des enfants, des personnes en situation de handicap et des personnes ayant de graves problèmes de santé.
Ce qui est particulièrement préoccupant est le cas d’une personne atteinte d’une maladie chronique grave nécessitant une hémodialyse régulière. Un transport vers un centre de dialyse a été organisé pour cette personne, mais cela n’élimine pas le risque pour sa santé. La continuité du traitement dépend non seulement de l’accès à l’établissement médical, mais aussi de la disponibilité d’un logement avec des conditions de vie et d’hygiène de base, où la personne peut récupérer après chaque intervention. Voir sa maison démolie sans qu’un logement alternatif adéquat ne soit prévu à l’avance pourrait mettre sa santé en danger.
Il est également particulièrement préoccupant qu’aucun dossier n’ait été ouvert pour les enfants concernés par le Département de la Protection de l’Enfance, ni qu’aucune évaluation n’ait été réalisée quant à l’impact de la démolition de leurs maisons sur eux ni sur les mesures nécessaires pour les protéger. Selon des représentants des services sociaux, de telles mesures ne pouvaient être prises qu’une fois les bâtiments démolis. La lettre insiste catégoriquement sur le fait que la protection des enfants doit précéder la démolition, plutôt que de commencer seulement après que le préjudice soit survenu.
Le document stipule que l’illégalité d’un bâtiment, en tant que telle, n’exempte pas les autorités de l’obligation de procéder à une évaluation individuelle de la proportionnalité avant de priver une personne de son domicile. Cette exigence découle de la Convention européenne des droits de l’homme et de la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme dans les affaires ‘Yordanova et autres c. Bulgarie » et « Ivanova et Tcherkezov contre la Bulgarie ».
La lettre souligne qu’à l’heure actuelle, il n’existe pas suffisamment de preuves pour justifier la démolition forcée du 27 juillet concernant toutes les personnes concernées.
Le maire de Stara Zagora devrait reporter la mise en œuvre jusqu’à ce qu’une évaluation individuelle à jour de chaque foyer soit réalisée, incluant une évaluation du risque de sans-abrisme, des conséquences pour chaque enfant concerné, ainsi que des besoins spécifiques des personnes en situation de handicap, des personnes âgées et des personnes souffrant de graves problèmes de santé.
Il est également recommandé que des mesures spécifiques soient prises et dûment documentées pour prévenir le sans-abrisme, notamment la fourniture d’un logement alternatif réellement accessible et adapté aux ménages qui ne peuvent pas se trouver un logement pour eux-mêmes.
