
– Síndic de Greuges de Catalunya –
Un nouveau rapport souligne que les Bureaux d’Assistance aux Victimes de Crimes (OAVD) ont considérablement augmenté leur activité ces dernières années, mais avertit que leurs connaissances, leur accessibilité et leurs ressources doivent être améliorées afin qu’ils atteignent davantage de personnes ayant besoin de soutien.
Le rapport Bureaux de soutien aux victimes de crimes en Catalogne : évolution et situation actuelle, préparé par l’institution du Médiateur catalan, indique qu’en 2025, les OAVD ont pris en charge plus de 17 700 personnes, soit 44,6 % de plus qu’en 2019. Malgré cette croissance, l’étude conclut que de nombreuses victimes ignorent encore ce service gratuit d’information, de conseils et de soutien psychologique, social et juridique.
Le rapport souligne la nécessité pour les OAVD de se consolider comme service de référence pour toutes les victimes de crimes, et pas seulement pour les cas de violences sexistes. Actuellement, une grande partie de l’activité de ces bureaux est concentrée dans ce domaine : en 2025, 72,6 % des personnes assistées étaient victimes de violences de genre ou de crimes contre la liberté sexuelle, tandis qu’en 2019, cette proportion était de 38,4 %.
Le rapport souligne également les limites de la couverture du service : seules 1 % des personnes ayant été victimes d’une infraction sont prises en charge par les OAVD. Il met en outre en évidence une forte disparité entre les services spécialisés chargés de l’accompagnement des victimes, ce qui complique la compréhension des parcours de prise en charge. Dans le cas des femmes victimes de violences fondées sur le genre, par exemple, il existe une série de services gérés par différents départements et administrations, qui ne travaillent pas toujours de manière coordonnée.
Un autre aspect mis en avant par le rapport est que la prise en charge des OAVD dépend du lieu de résidence de la victime, notamment de la proximité des bureaux avec les districts judiciaires. En ce sens, l’accessibilité la plus élevée se situe dans l’OAVD des Terres de l’Ebre, qui est le territoire avec le plus faible taux de victimisation et d’activité criminelle connue (24,5 victimes assistées pour 1 000 victimes). L’OAVD des Comarques de Barcelone, en revanche, est celle qui a le niveau d’accessibilité le plus faible, contrairement à ce qui pourrait être attendu en raison de son poids de population ou de l’incidence de la criminalité (3,3 victimes assistées pour 1 000 victimes).
Quant au personnel, le rapport indique qu’il existe un décalage entre les catégories professionnelles et les tâches effectuées, ce qui favorise l’instabilité des équipes et et nuit à la qualité de l’accompagnement. En ce sens, l’institution préconise que le travail des professionnels des OAVD soit reconnu et que davantage de ressources personnelles et matérielles soient fournies.
Principales recommandations
Parmi les mesures proposées pour améliorer la prise en charge des victimes, l’institution préconise :
- De sensibiliser les citoyens et les professionnels au dispositif OAVD afin de faciliter l’accès aux services et l’exercice des droits des victimes.
- De faire du dispositif OAVD la principale porte d’entrée au système de prise en charge des victimes, en simplifiant les parcours existants.
- D’améliorer la couverture territoriale, en rapprochant les services des personnes vivant loin des centres actuels et en renforçant la mobilité des équipes.
- D’accroître la coordination entre les tribunaux, les parquets, les forces de police et les autres services spécialisés afin d’éviter aux victimes de devoir répéter les mêmes démarches ou les mêmes explications.
- De renforcer les effectifs, notamment en psychologie et en soutien administratif, et garantir la stabilité des équipes.
- De promouvoir une formation continue et spécialisée de tous les professionnels impliqués dans la prise en charge des victimes.
L’institution considère que le renforcement des OAVD est une mesure clé pour garantir les droits des victimes et leur offrir le soutien nécessaire tout au long du processus de rétablissement et de leur relation avec le système judiciaire.
