
– Síndic de Greuges de Catalunya –

Cette intervention devant le Parlement porte principalement sur les défis futurs de l’administration publique et sur la nécessité de rétablir sa mission au service des citoyens.
Le rapport indique que l’institution a enregistré plus de 25 000 interventions au cours de l’année 2025, un chiffre record dans son histoire.
L’Ombudsman catalane, Esther Giménez-Salinas, a présenté aujourd’hui devant la plénière du Parlement catalan le rapport annuel correspondant à 2025, qui porte sur le contrôle des administrations publiques et l’état des droits des citoyens en Catalogne. Ce rapport, qui avait déjà été présenté publiquement en mars, a permis de faire part à l’ensemble des députés des principales conclusions et des défis auxquels la région est confrontée.
Un niveau d’activité record qui reflète les préoccupations des citoyens
Le rapport montre qu’au cours de l’année 2025, l’institution a enregistré 25 287 dossiers, soit le volume le plus élevé de son histoire, dont 13 646 plaintes, 11 428 demandes de renseignements et 213 enquêtes ouvertes d’office.
Pour la Médiatrice, ces chiffres constituent un outil privilégié pour identifier les véritables problèmes auxquels sont confrontés les citoyens. « Les réclamations qui parviennent à l’institution nous permettent d’écouter les gens, de comprendre leurs difficultés et d’observer la manière dont les autorités y répondent. Écouter des milliers de personnes nous permet de voir ce que les données isolées ne montrent pas », a-t-elle souligné.
La Médiatrice a expliqué que ces données témoignent d’un changement d’époque qui exige de repenser le rôle des institutions publiques. Comme elle l’a souligné, la Catalogne d’aujourd’hui est très différente de celle qui a vu naître une grande partie de la structure administrative actuelle, ce qui exige une adaptation en profondeur de l’administration aux nouveaux défis sociaux, démographiques et technologiques.
Elle a également insisté sur le fait que derrière chaque dossier administratif se cache une personne qui attend une réponse. « Lorsqu’un droit est retardé, ce n’est pas un dossier qui attend. C’est une personne », a-t-elle souligné.
Des réformes qui exigent consensus et continuité
L’un des messages centraux de ce discours a été la nécessité de mettre en place des accords stables qui dépassent les cycles politiques et électoraux.
Selon la Médiatrice, les grands défis du pays ne peuvent être relevés au coup par coup. « Il y a des décisions qui ne peuvent pas repartir de zéro tous les quatre ans. Il y a des réformes qui ne portent leurs fruits que lorsque les gouvernements et les administrations successifs avancent dans la même direction », a-t-elle fait valoir.
C’est pourquoi elle a réitéré la proposition formulée dans le rapport visant à lancer une nouvelle transition administrative fondée sur la simplification des procédures, le rapprochement avec les citoyens, la confiance accordée aux professionnels du secteur public et une meilleure capacité à répondre aux nouveaux besoins sociaux.
Il ne faut pas banaliser les atteintes aux droits
La Médiatrice a également alerté sur le risque de banaliser des situations qui portent directement atteinte aux droits des personnes. Elle a ainsi rappelé que 300 enfants de moins de six ans placés sous la protection de l’État vivent dans des centres résidentiels ; que près de 5 000 personnes en situation de handicap et plus de 2 000 personnes souffrant de troubles de la santé mentale attendent une place dans un établissement résidentiel, avec des listes d’attente dépassant respectivement cinq et trois ans ; que plus de 6 700 personnes sont sans domicile dans nos villes et villages ; et que 50 % des trains ne respectent pas les horaires prévus. À ce sujet, elle a souligné que les démocraties se dégradent lorsque le niveau d’exigence des institutions et de la société diminue face à des situations injustes ou inefficaces.
Dans ce contexte, elle a rappelé que nombre des problèmes constatés ne sont pas la conséquence d’une seule année ni d’un seul gouvernement, mais résultent de déficits accumulés au fil des décennies. « Lorsque les besoins augmentent plus vite que la réponse publique, les droits sont bafoués », a-t-elle averti.
La Médiatrice s’est félicitée du fait que plus de 92 % des recommandations formulées par l’institution soient acceptées, totalement ou partiellement, par les administrations. Elle a toutefois souligné que le véritable défi est que ces acceptations se traduisent par des changements réels et effectifs pour les citoyens.
