Avocat du Peuple de la République d’Albanie : « 5 prisons albanaises devraient être fermées. Elles violent la dignité humaine »

– Avocat du Peuple de la République d’Albanie –

À Lezha, la surpopulation carcérale atteint 65 %. Les détenus passent en moyenne plus de 8 mois en cellule sans être condamnés.

Il a été constaté que le traitement des personnes privées de liberté dans cinq établissements pénitentiaires du pays s’approche du standard de traitement dégradant. C’est une violation flagrante de la Constitution et des obligations internationales de l’Albanie. Les conclusions sont basées sur des inspections dans 18 ECI au cours de 2025 et sur 115 plaintes traitées par l’institution.

« Lorsque l’État maintient les condamnés dans des conditions dégradantes, il ne les punit pas, mais les humilie. La fermeture de ces cinq institutions est une obligation constitutionnelle », Endrit Shabani.

Les trois personnages principaux

  • 5 prisons doivent être fermées : Burrel, Kosovo-Lushnja, Kukës, « Mine Peza » (302), « Jordan Misja » (313).
  • 65 % de surpopulation dans l’ECSI de Lezha, 181 prisonniers au-dessus de la capacité prévue.
  • La durée moyenne de détention est de 253 jours, soit plus de 8 mois en cellule sans condamnation.

La réalité humaine derrière les chiffres

Dans la plupart des institutions, les détenus gardent leurs vêtements et effets personnels dans des sacs plastiques car il n’y a pas de casiers. Le médecin n’est présent que quatre heures par jour. Les hôpitaux régionaux refusent souvent de soigner les détenus pour des « raisons de sécurité ». Il n’existe pas d’établissement médical spécialisé pour les personnes souffrant de troubles mentaux, bien qu’elles soient actuellement internées à l’ECSI de St. Kolli.

Au cours de 2025, le médiateur a traité 115 affaires déposées par des détenus et leurs familles.

Surpopulation : localisée, pas nationale

Au total, le système pénitentiaire est en dessous de sa capacité (5 029 détenus et 5 747 places au total = 87 %). Mais la répartition est profondément inégale :

  • Lezha ECSI : +65 % (181 personnes en dépassement)
  • ECI « Jordan Misja » : +11 % (55 personnes)
  • Vlora ECSI : +10 % (16 personnes)
  • Fushë-Kruja ECSI : +2,4 % (9 personnes)

56,8 % de la population pénitentiaire est en détention, c’est-à-dire qu’elle est détenue en prison bien qu’elle ne soit toujours pas condamnée. C’est une indication qui viole le principe de présomption d’innocence.

Des conditions qui violent la dignité

Les inspections ont révélé :

  • Environnements dépréciés, sans ventilation, éclairage ou chauffage suffisants.
  • Des prisonniers qui gardent leurs effets personnels dans des sacs plastiques parce qu’il n’y a pas de casiers.
  • Manque de produits d’hygiène de base et de détergents pour nettoyer les cellules.
  • Systèmes de chauffage et de climatisation non fonctionnels, surtout par temps extrême.
  • Manque de variété et quantité insuffisante de nourriture.
  • Des opportunités limitées pour les activités socioculturelles et la réhabilitation.

Soins de santé : intervention d’urgence, non service continu

  • Pas de médecin à temps plein dans la plupart des ECSI. Là où il y a des médecins, ils ne restent que 4 heures par jour.
  • Manque d’ambulances et difficultés à consulter des spécialistes.
  • Les hôpitaux régionaux refusent les soins pour des « raisons de sécurité ».
  • Manque de soins dentaires et de médicaments de base.
  • Pas d’établissement spécialisé pour détenus ayant des problèmes de santé mentale.

Ce que demande l’Avocat du Peuple : 

Le Médiateur demande au gouvernement et au ministère de la Justice :

  1. Réexamen de la politique de détention. 56,8 % des personnes non punies est un chiffre inacceptable dans un État qui prétend respecter la présomption d’innocence.
  2. Plan immédiat pour les soins de santé dans les prisons, y compris la création d’un établissement médical spécialisé pour les détenus ayant des problèmes de santé mentale.
  3. La fermeture des cinq ECI identifiés jusqu’à leur reconstruction complète, et une réévaluation nationale des capacités du système pénitentiaire.

Le rapport complet comprenant les données, méthodologie et recommandations ci-dessus se trouve aux pages 78 à 92 du Rapport annuel 2025.

2026-06-02T13:52:45+02:00
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