Webinaire du Comité des droits de l’enfant de l’AOMF : comment mieux faire connaître nos institutions auprès des jeunes ?

– Association des Ombudsmans et des Médiateurs de la Francophonie –

Le 8 avril 2026, le Comité des droits de l’enfant de l’Association des Ombudsmans et Médiateurs de la Francophonie (AOMF) a organisé un webinaire consacré à une question centrale : comment mieux faire connaître les institutions de médiation auprès des enfants et des jeunes ?

Cette rencontre a permis de croiser des expériences venues de plusieurs pays et de mettre en lumière des initiatives concrètes visant à renforcer la participation des enfants et leur accès à leurs droits.

Donner toute leur place aux enfants

En ouverture, Eric Delemar, Défenseur des enfants en France et Président du Comité, a rappelé l’enjeu fondamental : considérer l’enfant comme un véritable sujet de droit. Il a insisté sur la nécessité de favoriser la prise de parole des enfants et de renforcer leur participation collective, tout en soulignant les progrès encore à accomplir. Il a également réaffirmé l’importance de lutter contre toutes les formes de violences faites aux enfants, y compris les violences dites « éducatives », rappelant qu’aucune violence ne peut être considérée comme acceptable.

 

Le podcast, un outil puissant de sensibilisation

Parmi les initiatives présentées, l’expérience française a mis en avant le podcast « Qui c’est qui commande », lancé en octobre 2025 par le Défenseur des droits. Conçu en collaboration avec des journalistes, ce projet vise à rendre accessibles des notions juridiques parfois complexes et à sensibiliser un large public aux droits de l’enfant.

Structuré en six épisodes (violences, justice des mineurs, école, espace public, engagement des jeunes…), le podcast a rencontré un large succès avec plus de 500 000 écoutes. Il illustre le potentiel des formats audio pour toucher un public jeune et diversifié.

À l’Île Maurice, des jeunes acteurs de leurs droits

Le Bureau de l’Ombudsperson for Children de l’Île Maurice a présenté une approche particulièrement innovante, reposant sur la participation active des jeunes.

Plusieurs initiatives ont été mises en œuvre :

  • création de fresques murales dans des établissements scolaires ;
  • organisation de concours artistiques et d’expositions au Parlement ;
  • production de contenus audiovisuels et de podcasts ;
  • mise en place de séances de ciné-débat.

Au cœur de cette dynamique, le programme des Jeunes Ambassadeurs des Droits des Enfants (JADE) permet à des jeunes de 14 à 18 ans de concevoir et porter eux-mêmes des actions de sensibilisation. Fonctionnant de manière autonome et démocratique, ce dispositif renforce leur engagement et leur rôle d’acteurs à part entière.

Au Nouveau-Brunswick, des outils pensés avec et pour les jeunes

Le Bureau du Défenseur du Nouveau-Brunswick a présenté deux initiatives :

  • une page internet dédiée aux enfants et aux jeunes, avec des contenus adaptés ;
  • la publication du livre « Ce que j’aurais aimé savoir », écrit par une ancienne jeune accompagnée.

Distribué largement (écoles, services sociaux, associations), cet ouvrage vise à mieux informer les jeunes sur leurs droits et les ressources disponibles. Il a déjà contribué à augmenter le nombre d’enfants qui contactent directement l’institution.

Une mobilisation internationale

D’autres contributions ont enrichi les échanges, notamment :

  • en Égypte, avec la mobilisation autour des instances régionales de droits de l’homme ;
  • au Sénégal, avec la publication de bulletins d’information et l’organisation d’ateliers de plaidoyer sur les droits de l’enfant, ayant conduit à des recommandations adressées aux autorités nationales.

Poursuivre la dynamique

En conclusion, Eric Delemar a souligné l’importance de poursuivre ces efforts pour mieux intégrer les enfants dans les dispositifs de défense de leurs droits. Les initiatives présentées témoignent d’une évolution positive vers une société plus inclusive, où la parole des enfants est davantage prise en compte.

Ce webinaire confirme ainsi que l’innovation, la participation des jeunes et l’adaptation des outils de communication sont des leviers essentiels pour rapprocher les institutions des enfants et faire progresser la connaissance et le respect de leurs droits.

2026-05-11T15:45:27+02:00
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