
– Sindic de Greuges de Catalunya –
En 2025, l’institution a enregistré plus de 25 000 actions, un chiffre record
La croissance des plaintes en matière sociale se démarque
Le rapport publie des chiffres montrant que l’administration est tendue, lente, ne répond pas aux besoins des citoyens et a perdu la capacité d’opérer des transformations profondes
L’institution du Sindic de Greuges de Catalunya a présenté aujourd’hui le rapport annuel correspondant à l’année 2025, document qui comprend toute l’activité de supervision des administrations publiques et l’état des droits des citoyens.
Le rapport indique que l’administration publique actuelle est à la fin du cycle et qu’il est donc essentiel de repenser le modèle pour l’adapter aux nouveaux défis sociaux, démographiques et technologiques de la Catalogne actuelle : « Il ne s’agit pas de prendre des mesures isolées. Nous envisageons une transition profonde – structurelle, culturelle et de grande portée – afin que l’Administration retrouve sa raison d’être : servir les citoyens », a déclaré le Sindic.
Un signe sans équivoque que l’administration actuelle ne répond pas aux besoins actuels est que l’institution a reçu plus de plaintes que jamais. Au cours de l’année 2025, plus de 25 000 actions ont été enregistrées, le plus grand volume de l’histoire de l’institution, avec 13 646 plaintes, 11 428 consultations et 213 actions d’office.
Cette croissance est très significative dans les droits sociaux, qui, pour la première fois, représentent plus de la moitié des plaintes, soit 50,1 % :
- Services sociaux, avec une augmentation des plaintes de 61,6 %
- Logement, 52,4 %
- Santé, 43 %
- Enfance et adolescence, 40,1 %
- Éducation, 19,1 %
Il convient également de noter l’augmentation enregistrée des transports et de la mobilité (51,6 %), notamment en raison des plaintes liées à l’exploitation de Cercanías (578 plaintes, soit 136 % de plus qu’en 2024). En ce qui concerne la fermeture, des irrégularités ont été détectées dans 43,3 % des plaintes, et l’administration a accepté tout ou partie de 92,3 % des recommandations et suggestions.
Un système mis à rude épreuve face à des besoins sociaux plus complexes
Le rapport met en lumière plusieurs paradoxes du fonctionnement actuel de l’Administration. Pour commencer, malgré l’augmentation des ressources allouées aux politiques sociales, la pression sur les soins de santé et le sentiment de débordement de professionnels dans les services publics de base (services sociaux de base, soins de santé primaires et centres d’éducation, entre autres) ont augmenté.
Dans de nombreux cas, les procédures administratives restent complexes et lentes, entraînant des retards dans l’accès aux droits et aux prestations. De plus, dans certaines régions, les listes d’attente ont augmenté et les délais d’attente ont été allongés par rapport à 2024. Par exemple, dans le domaine de la santé, il y a 4 % de patients en attente d’une chirurgie en plus (avec un délai d’attente de 148 jours) et 8 % de patients en plus en attente de tests diagnostiques. En ce qui concerne les personnes âgées et les personnes en situation de handicap, les listes d’attente ont également augmenté : 7 % dans les résidences pour personnes âgées (583 jours d’attente) et 6 % dans les services résidentiels pour personnes handicapées (1 991 jours d’attente). Le délai de traitement du revenu garanti pour les citoyens a été augmenté de 76 à 122 jours.
Il est également dénoncé que les contrôles administratifs, qui se multiplient, constituent une garantie de légalité, mais dans certains cas ils sont devenus des obstacles à une réelle efficacité. Ils peuvent devenir un fardeau insupportable pour les citoyens et les fonctionnaires publics, qui passent 30 % de la journée à accomplir des tâches bureaucratiques, ce qui nuit aux soins des personnes.
Le rapport avertit également que de nombreux avantages sociaux ne touchent pas toutes les personnes qui en ont besoin. Près de 60 % des personnes en situation de privation matérielle extrême ne reçoivent ni le revenu minimum de subsistance ni le revenu garanti de la citoyenneté.
Une autre preuve que l’administration actuelle a atteint la fin de son cycle est la lenteur avec laquelle les grandes transformations progressent. Par exemple, le guichet unique dans le domaine des services sociaux n’est pas encore une réalité, malgré le fait qu’il ait été prévu pour 2025. En ce qui concerne l’environnement, il manque également un élan décisif pour déployer les énergies renouvelables. Et dans le logement, il n’y a pas eu suffisamment de promotion d’un parc de logements sociaux stable (il y a 40 000 logements sociaux, mais près de 120 000 personnes inscrites au Registre des candidats) ni d’un parc immobilier pour faire face aux situations d’urgence résidentielle (le nombre de familles en attente d’attribution d’un logement a augmenté de 23,4 %). Cependant, dans ce domaine, cette année, des politiques structurelles ont commencé à être élaborées pour résoudre ce problème à moyen et long terme.
Un autre élément qui mérite d’être mentionné est que, dans l’administration actuelle, les éléments organisationnels passent souvent avant l’intérêt général. Un exemple est que les processus de stabilisation et les compétitions de transfert ont laissé de nombreuses équipes sans personnel suffisant ou sans personnel spécialisé, ce qui a eu des conséquences directes pour les citoyens. Ainsi, les équipes de gestion de nombreux centres très complexes et services de protection de l’enfance ont été sous-capitalisées. Et la gestion du revenu garanti pour les citoyens a également été affectée, ce qui a entraîné davantage de retards.
Un autre symptôme de cette fin de phase est que des situations ont été consolidées qui, selon l’institution, ne peuvent pas être normalisées : près de 300 enfants de moins de six ans vivent dans des centres résidentiels ; près de 5 000 personnes en situation de handicap et plus de 2 000 personnes atteintes de troubles mentaux sont sur liste d’attente pour accéder à un service résidentiel, avec une attente de plus de cinq et trois ans respectivement ; Plus d’une personne employée sur dix est à risque de pauvreté…
Le phénomène du sans-abrisme est également de plus en plus présent dans nos villes (plus de 6 700 personnes vivent dans la rue ou dans un village en Catalogne). Face à cette situation, fin 2025, l’institution a lancé la Table institutionnelle pour lutter contre le sans-abrisme, qui vise à encourager tous les agents à agir de manière coordonnée pour trouver des solutions efficaces à ce problème.
En chiffre positif, la baisse de la criminalité se distingue, qui a diminué de 2,7 %. De plus, nous sommes un pays sûr en ce qui concerne les crimes les plus graves, comme les homicides, ce qui nous place au bas du classement des pays européens. La plus grande part des crimes correspond au vol et au cambriolage, bien qu’ils aient également diminué de 4,5 %. Malgré cela, le Sindic s’inquiète du nombre de féminicides enregistrés en 2025.
Une nouvelle transition administrative
Face à ce scénario, le rapport soulève la nécessité d’une nouvelle transition pour que l’administration publique puisse retrouver sa mission. Cette transformation profonde doit reposer sur la simplification des procédures, l’attention personnalisée, la proximité avec les citoyens et l’utilisation éthique et efficace de la technologie.
Le Sindic conclut que cette transformation ne peut être réalisée qu’avec un accord de grande échelle : un consensus entre acteurs politiques, institutionnels et sociaux pour construire une administration publique du XXIe siècle, capable de garantir efficacement les droits des citoyens du XXIe siècle.
Comme l’année précédente, vous pouvez consulter le site explicatif du rapport donnant accès aux données ouvertes de l’institution.
