
– Avocat du Peuple de la République d’Albanie –
STRASBOURG, 13 MARS 2026 – L’Albanie demeure l’un des pays comptant le plus grand nombre de plaintes auprès de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH). Les litiges fonciers et les lenteurs des procédures judiciaires constituent le principal fléau de notre système judiciaire.
Dans ce contexte, M. Endrit Shabani, a été reçu aujourd’hui en réunion officielle par le Président de la CEDH, M. Mattias Guyomar. Cette rencontre souligne le partenariat entre les deux institutions, afin que le Médiateur ne soit plus un simple observateur, mais un acteur actif œuvrant à la résolution de ces dossiers en Albanie, conformément aux normes de Strasbourg.
La réalité des dossiers albanais à Strasbourg :
Crise foncière : Un cinquième des plaintes (17 %) adressées à la CEDH en provenance d’Albanie sont directement liées à la propriété, ce qui témoigne de l’incapacité des institutions locales à apporter une solution définitive.
Déni de procédure : 63 % des plaintes résultent d’une absence de procédure régulière, le citoyen se retrouvant pendant des décennies perdu dans les méandres du système judiciaire albanais. Actuellement, 238 affaires contre l’État albanais sont en attente d’examen par la CEDH, tandis que les obligations de l’État albanais relatives à l’exécution des décisions de cette Cour au cours des dix dernières années sont estimées à environ 40 millions d’euros.
Message de l’Avocat du Peuple :
Lors de la réunion, M. Shabani a déclaré : « Il est inacceptable qu’après trente ans, les citoyens albanais soient encore contraints de traverser la mer pour obtenir justice concernant leurs biens. Je m’engage à ce que notre institution soit la première à défendre les droits de propriété. Nous ferons pression sur l’administration locale afin que les décisions de Strasbourg ne restent pas lettre morte, mais se traduisent par des droits effectifs pour chaque famille albanaise. »
De son côté, le président Guyomar a félicité M. Shabani pour sa nouvelle mission et a confirmé que la CEDH le considère comme un allié essentiel pour garantir la mise en œuvre des normes européennes relatives aux droits de l’homme à Tirana.
