
– Médiateur du Royaume du Maroc –
Le lundi 09 mars 2026, Journée Internationale des femmes, le Médiateur du Royaume, le Professeur Hassan Tariq, a annoncé l’institutionnalisation du programme « Administration de l’égalité », qui devient ainsi un pilier structurel permanent des activités de l’Institution. Conformément à cette décision, le dossier relatif à l’égalité administrative a été confié à la Section des études, des analyses et du suivi afin d’en assurer le suivi continu. Un rapport annuel spécifique sera publié pour suivre l’évolution de ce dossier, dans le cadre de la commémoration de l’année 2026 comme « année de la médiation des services publics » et suite à la volonté royale instituant le 9 décembre comme Journée Nationale de la Médiation, avec ce qui incarne comme valeurs d’équité et promeut une culture de la médiation.
Cette transition marque l’aboutissement d’un travail de plaidoyer entamé en juillet 2025, durant lequel le programme a servi de plateforme pour renforcer le dialogue public sur les liens entre l’administration et les droits des femmes, et pour démanteler les poches d’inégalité dans les cadres juridiques et les pratiques de terrain. Le programme a bénéficié d’une vaste consultation à travers l’organisation de trois grands forums ciblant successivement la société civile et les organisations de femmes, puis les secteurs gouvernementaux, les institutions élues et les organes de gouvernance, pour finalement réunir universitaires et chercheurs.
Outre ces échanges, au cours desquels l’Institution s’est ouverte au Parlement et au milieu universitaire, elle a élargi ses discussions en organisant une série d’auditions et de réunions de sensibilisation approfondies aux niveaux central, régional et local. Ce travail de terrain lui a permis de tirer quatre conclusions principales : premièrement, la demande de médiation reste majoritairement masculine quant à la nature des doléances reçus ; deuxièmement, l’égalité administrative demeure un domaine négligé dans la recherche scientifique, comparativement à l’élan donné à l’égalité politique et sociale, ainsi qu’à l’intérêt croissant porté à l’égalité économique.
Les conclusions ont également révélé que le paysage des gdoléances des femmes est étroitement lié aux carences de la gestion des services sociaux publics, notamment en matière de protection, de retraite, de santé et de logement. L’institution a conclu son analyse en constatant que le problème de l’égalité administrative reste cantonné au cadre de la « justice » légale et n’a pas encore atteint le niveau de l’« équité » qui prend en compte les spécificités liées au genre au cœur même du service public.
