
– Médiateur de la République du Kosovo –
Prishtina, 20 février 2026 – L’Institution du Médiateur du Kosovo a organisé une table ronde intitulée « L’impact du Médiateur dans la promotion des droits communautaires au Kosovo », en coopération avec le Centre de défense pour la culture démocratique (ACDC). L’activité a réuni des représentants des institutions étatiques, des organisations de la société civile, des partenaires internationaux et des représentants communautaires pour discuter des progrès, des défis et de la voie à suivre pour garantir la protection effective des droits des communautés non majoritaires au Kosovo.
L’événement visait à présenter le travail et l’impact de l’institution du Médiateur dans la résolution des questions relatives aux droits communautaires, à mettre en lumière les efforts institutionnels pour défendre le cadre constitutionnel et juridique complet du Kosovo sur les droits des minorités, et à identifier des mesures concrètes pour relever les défis restants. Elle a également mis en lumière la confiance croissante que les communautés non majoritaires accordent à l’Institution du Médiateur en tant que protecteur clé de leurs droits.
En ouvrant la discussion, le Médiateur Naim Qelaj a souligné que la Constitution du Kosovo offre de fortes garanties pour la protection des droits des communautés, notamment à travers le Chapitre III, qui établit l’un des cadres juridiques les plus avancés pour la protection des minorités dans la région. Il a souligné que l’Institution du Médiateur joue un rôle central dans le soutien à l’application cohérente de ces garanties, la prise en charge des plaintes et l’aide aux institutions à améliorer les politiques et pratiques qui renforcent l’inclusion et l’égalité.
Au cours de l’année écoulée, l’Institution du Médiateur a reçu 331 plaintes de membres de communautés non majoritaires, dont 207 de membres de la communauté serbe. Ces plaintes reflètent non seulement les défis auxquels sont confrontées les communautés, mais aussi la confiance croissante des citoyens non majoritaires dans l’Ombudsman en tant qu’institution efficace et impartiale pour la protection de leurs droits. Les plaintes portaient sur des sujets tels que la mise en œuvre des droits linguistiques, l’accès aux opportunités d’emploi, l’accès aux documents personnels et la réalisation des droits économiques et sociaux. D’autres affaires concernaient l’enregistrement de l’état civil, l’enregistrement de la résidence et des demandes de cartes d’identité temporaires. Les questions liées à la propriété restent également un défi, notamment en raison de procédures judiciaires longues.
Le Médiateur a mis en avant plusieurs interventions importantes entreprises en 2025 visant à améliorer les pratiques institutionnelles et à garantir la protection des droits des citoyens.
Suite à de nombreuses plaintes de parents concernant la suspension des paiements d’allocation pour enfants, l’Institution a émis des recommandations au ministère des Finances, du Travail et des Transferts, concluant que les exigences supplémentaires de vérification n’avaient pas été clairement définies ni communiquées publiquement. L’Ombudsman a recommandé une plus grande transparence dans les procédures, l’émission de décisions administratives individuelles et le paiement rétroactif des prestations suspendues.
Un autre sujet abordé concernait l’offre de manuels scolaires pour les élèves suivant l’enseignement en turc et en bosniaque. Après la consultation de l’Ombudsman, les autorités du ministère de l’Éducation, des Sciences, de la Technologie et de l’Innovation ont précisé que des mesures avaient été prises pour réduire les prix des manuels scolaires et garantir leur disponibilité.
De plus, le Médiateur a publié un rapport ex officio concernant le respect des droits linguistiques dans les services bancaires. Le rapport a identifié les lacunes dans la disponibilité des services et de la documentation en serbe et a recommandé que la Banque centrale de la République du Kosovo établisse des lignes directrices plus claires et des mécanismes de surveillance afin d’assurer un accès égal aux services dans les deux langues officielles.
L’Institution a également publié des recommandations concernant le respect des principes de bonne administration dans les procédures de recrutement et la mise en œuvre du quota légalement établi pour l’emploi des membres des communautés non majoritaires dans les institutions publiques.
Les plaintes reçues des communautés roms, ashkalis et égyptiennes ont mis en lumière des défis supplémentaires liés aux questions de propriété, à l’accès à la documentation, à la reconnaissance de la langue rom au niveau municipal, aux droits du travail et à l’accès à des services de santé dignes.
Les participants ont reconnu les progrès réalisés dans l’établissement d’un cadre juridique et institutionnel solide pour la protection des droits des minorités au Kosovo, tout en soulignant que des efforts continus sont nécessaires pour garantir sa mise en œuvre cohérente dans la pratique. La table ronde a également démontré le rôle crucial de l’Institution du Médiateur dans la promotion de la confiance parmi les communautés non majoritaires, qui s’en appuient de plus en plus comme mécanisme impartial pour répondre à leurs préoccupations.
La cheffe du Bureau du Conseil de l’Europe au Kosovo, Mme Mary Ann Hennessey, a souligné que le Kosovo a établi un cadre juridique solide pour la protection des communautés minoritaires. Elle a noté que la confiance croissante des minorités dans les institutions publiques a été renforcée par les activités proactives et la supervision de l’Institution du Médiateur. En même temps, elle a reconnu que les membres des communautés roms, ashkalis et égyptiennes continuent de faire face à des défis, y compris un anti-gitans persistant, et a souligné que les efforts pour réaliser pleinement les droits linguistiques dans leurs langues maternelles restent une priorité constante.
M. Jérôme Bouyjou, chef du Bureau des droits de l’homme de l’UNMIK et représentant du Haut-Commissariat aux droits de l’homme, a souligné le rôle crucial de la société civile dans la sauvegarde des droits de l’homme et le soutien aux communautés. Il a également noté que la situation des communautés non majoritaires est étroitement surveillée, car dans certains cas ces communautés sont touchées de manière disproportionnée, notamment dans des domaines tels que la liberté de circulation et l’accès à l’emploi.
Le ministre des Revenus et des Communautés, M. Nenad Rašić, a salué la table ronde et a salué l’Institution du Médiateur pour son travail dans l’identification des défis sociétaux et le soutien aux institutions gouvernementales dans leur relevée. Il a souligné l’engagement des autorités étatiques à relever ces défis, notamment en proposant des amendements à la Loi sur les droits communautaires afin d’assurer une meilleure représentation des minorités au sein de l’administration publique.
Des représentants des ONG ont souligné plusieurs questions à maintenir en attention, notamment la mise en œuvre complète des recommandations et la responsabilité des décideurs, avec une attention particulière aux droits linguistiques. Le mécanisme de vérification de l’ethnicité dans les procédures d’emploi a également été discuté.
Le représentant de la communauté turque a exprimé des préoccupations concernant la reconnaissance des diplômes et examens pour les étudiants revenant de Turquie. D’autres sujets abordés comprenaient la construction illégale et la pollution environnementale à Gračanica, ainsi que les difficultés rencontrées par les femmes de la communauté serbe pour obtenir des documents civils.
Les conclusions de cette table ronde incluent :
- Le Kosovo a établi un cadre constitutionnel et juridique solide pour la protection des droits communautaires, fournissant une base solide pour l’inclusion et l’égalité, bien que des efforts continus soient nécessaires pour assurer une mise en œuvre pratique complète aux niveaux institutionnel et local.
- Les droits linguistiques restent une priorité, avec des travaux continus à fournir pour renforcer les services de traduction, les capacités institutionnelles et la mise en œuvre complète de la législation sur l’utilisation des langues officielles.
- L’augmentation des plaintes des communautés non majoritaires reflète à la fois la confiance croissante dans l’Institution du Médiateur et la nécessité d’améliorer davantage la mise en œuvre des droits communautaires par les autorités publiques.
- L’emploi et la représentation des communautés continuent de nécessiter une attention particulière, notamment en veillant au respect du quota de 10 % et en améliorant la collecte de données pour les communautés roms, ashkales et égyptiennes.
- La mise en œuvre des recommandations de l’OIK et des ONG est faible, tandis que l’absence de discussion parlementaire des rapports annuels de l’OIK a eu un impact négatif sur la responsabilité institutionnelle.
- Une approche institutionnelle proactive et opportune des recommandations du Médiateur est essentielle, incluant un examen attentif et des actions concrètes pour leur mise en œuvre.
- La coopération entre les institutions de l’État, la société civile et les organisations internationales est considérée comme essentielle pour identifier des solutions inclusives, renforcer le dialogue et faire progresser la protection des droits communautaires.
