Communiqué de presse de la Défenseure des droits de l’Homme d’Arménie : « Le discours public arménien montre une prévalence croissante de stigmatisation et ciblant le langage contre les femmes et les personnes en situation de handicap, des discours discriminatoires et haineux fondés sur l’appartenance ethnique, ainsi qu’une rhétorique discriminatoire dirigée contre les représentants de l’Église apostolique arménienne et d’autres organisations religieuses et les athées. »

– Défenseur des droits de l’Homme de la République d’Arménie –

La Défenseure des droits de l’Homme a souligné à maintes reprises que le discours public arménien se distingue par ses propos discriminatoires, intolérants, stigmatisants et incitant à la haine, ciblant divers groupes sociaux. À la veille des élections, ces formes d’expression se répandent davantage et s’intègrent pleinement au débat politique. La Défenseure des droits de l’Homme insiste sur le fait que cette situation est inacceptable et qu’il est impératif d’y remédier. Dans le discours public arménien, on observe une prévalence croissante de propos stigmatisants et discriminatoires à l’encontre des femmes et des personnes handicapées, de discours discriminatoires et haineux fondés sur l’appartenance ethnique, ainsi que d’une rhétorique discriminatoire visant les représentants de l’Église apostolique arménienne, d’autres organisations religieuses et les athées. Ces derniers jours, les propos stigmatisants envers les femmes et véhiculant des préjugés sexistes ont fait l’objet d’un large débat public. De tels propos portent atteinte à la dignité des femmes. Les stéréotypes et les idées fausses sexistes concernant le rôle des femmes sont, malheureusement, profondément ancrés dans la société et persistent à tous les niveaux de la vie publique, contredisant le principe d’égalité.

La Défenseure des droits de l’Homme condamne toute manifestation de ce type et toute justification de comportements inacceptables qui en découlent. Il est d’autant plus préoccupant que, dans l’opinion publique, ces propos ne soient souvent pas perçus comme problématiques et ne suscitent pas la réaction nécessaire. Le ciblage et l’étiquetage des personnes handicapées, notamment celles souffrant de troubles mentaux, ainsi que les propos discriminatoires tenus à leur encontre, sont tout aussi inacceptables dans le cadre du débat politique. Le Défenseur des droits humains considère également comme inadmissible le recours généralisé, par certains acteurs politiques et personnalités publiques, à des discours de haine, à des propos stigmatisants et discriminatoires fondés sur l’origine ethnique ou nationale (par exemple, l’utilisation de termes tels que « Turc », « Yézidi » et autres expressions similaires comme insultes). Des situations problématiques liées au respect des garanties de la liberté de religion continuent d’être constatées, notamment des cas de ciblage de représentants de l’Église apostolique arménienne, d’autres organisations religieuses et d’athées, ainsi que des manifestations de discours discriminatoires et de haine à leur encontre. Le Défenseur des droits de l’homme considère de telles manifestations de liberté d’expression comme inadmissibles et souligne que toute question peut faire l’objet d’un débat démocratique, mais que celui-ci ne doit pas se dérouler au mépris des normes et garanties relatives aux droits de l’homme et à la liberté de religion.

La Défenseure des droits de l’Homme a publié une déclaration il y a plusieurs mois sur l’importance du respect sans faille des garanties relatives à la liberté de religion, notamment le respect de l’autonomie des organisations religieuses. Elle réaffirme les positions exposées dans cette déclaration et souligne que, dans tous les cas où des procédures engagées par les forces de l’ordre concernent des représentants de l’Église apostolique arménienne ou d’autres organisations religieuses, ces forces de l’ordre et les autres autorités compétentes sont tenues de faire preuve de la sensibilité requise, de respecter les convictions religieuses des personnes et de mener ces procédures – ainsi que la communication publique y afférente – de manière à ne donner aucune impression, même minime, de mépris des convictions religieuses ou de poursuites pénales fondées sur des convictions religieuses. À ce jour, plusieurs procédures pénales engagées contre des représentants de l’Église apostolique arménienne suscitent un vif intérêt. Dans une affaire, un débat public s’est ouvert quant à la possibilité de traiter le problème dans le cadre d’une procédure judiciaire, compte tenu de l’autonomie de l’Église.

Tout en reconnaissant l’existence d’un acte judiciaire et sans interférer d’aucune manière dans le fonctionnement des tribunaux, la Défenseure des droits de l’homme estime que la communication publique menée par les autorités compétentes sur ce sujet est insuffisante. Elle souligne que, s’agissant de questions aussi sensibles et juridiquement controversées, il est nécessaire d’assurer une communication continue et exhaustive, conforme aux normes internationales, en présentant les fondements de la légalité des actions des autorités compétentes. Par ailleurs, la communication publique sur ces questions doit être menée avec la délicatesse requise. La Défenseure des droits de l’homme suit également de près les questions relatives à la garantie de la liberté de religion des personnes privées de liberté. Plusieurs questions relatives à la garantie de ce droit dans les lieux de privation de liberté ont été résolues dans le cadre de la coopération entre le Bureau de la Défenseure des droits de l’homme et les autorités compétentes. La Défenseure juge toutefois nécessaire de rappeler que garantir la liberté de religion aux personnes privées de liberté implique de nombreuses spécificités.

2026-02-10T11:18:46+01:00
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