
– Síndic de Greuges de Catalunya –
Le neuvième rapport annuel sur la transparence, l’accès à l’information publique et la bonne gouvernance, correspondant à 2024, a été publié aujourd’hui et évalue le respect de la loi 19/2014.
Dix ans après l’entrée en vigueur de la Loi, l’équilibre est clair : le modèle catalan de transparence a progressé, mais il présente encore des lacunes structurelles qui limitent son efficacité. Dans ce contexte, le Médiateur catalan souligne qu’il est temps de faire le point, d’aller au-delà de la stricte conformité réglementaire et de revoir le modèle de gouvernance de la transparence pour l’adapter et l’améliorer. De plus, elle souligne que l’efficacité de la transparence nécessite une réelle implication de tous les agents économiques et sociaux, tant dans le secteur public que privé.
Cette année, 88,6 % des 1 007 administrations et entités recevant des fonds publics dont les informations ont été sollicitées l’ont fournie, soit le deuxième pourcentage le plus élevé de la série historique.
Peu de ressources pour une demande croissante
L’un des principaux avertissements du rapport est l’insuffisance des ressources humaines et économiques. 64 % des administrations catalanes ne disposent d’aucun personnel à temps plein chargé des tâches de transparence, d’accès à l’information publique et de bonne gouvernance. De plus, seulement 17,4 % ont créé une unité d’information spécifique, établie par le décret 8/2021 du 9 février, sur la transparence et le droit d’accès à l’information publique.
Cette rareté des ressources s’inscrit dans un contexte d’augmentation soutenue des demandes d’accès à l’information publique, qui augmentent à un rythme de plus de 30 % par an et représentent un fardeau plus important, en particulier pour les organisations ayant moins de capacité.
Municipalités rurales : la double vitesse de la transparence
Le rapport souligne une fois de plus la double rapidité territoriale en matière de conformité aux réglementations sur la transparence. Les municipalités rurales, en particulier les plus petites, rencontrent les plus grandes difficultés à se conformer aux obligations légales, en raison à la fois du manque de ressources et des limites de leur structure organisationnelle.
Résultats de l’évaluation des principales zones
Transparence : publicité active et accès à l’information publique
Les portails de transparence de la plupart des administrations territoriales incluent le contenu minimal établi par les règlements. Cependant, le degré de conformité est plus faible dans les administrations municipales avec moins d’habitants et dans les agences dépendantes. Bien que des progrès significatifs aient été réalisés dans la publicité active, le médiateur insiste sur la nécessité d’aller plus loin et d’améliorer à la fois le contenu et l’accessibilité de ces informations. Ainsi, par exemple, il reste encore une marge d’amélioration sur des aspects tels que l’accessibilité, la mise à jour et la possibilité de réutiliser les informations publiées.
En ce qui concerne les portails de transparence des partis politiques, des syndicats et des organisations d’affaires, ils sont plus insuffisants, notamment en ce qui concerne les informations économiques et de recrutement.
Concernant les demandes d’accès à l’information publique, le rapport met en avant une augmentation de 28 % par rapport à l’année précédente. L’augmentation la plus significative a eu lieu dans les petites municipalités, qui disposent de moins de ressources pour répondre aux demandes. La Generalitat et le Consortium d’Administration Ouverte de Catalogne s’efforcent tous deux de respecter les exigences établies par l’institution du Médiateur catalan ces dernières années, si bien que le nombre d’administrations nécessitant d’inclure une motivation lors du dépôt d’une demande a diminué, s’élevant actuellement à 3,2 %.
Bonne gouvernance
La bonne gouvernance est l’ensemble des principes et des pratiques visant à garantir une administration publique intégrale, responsable et efficace, axée sur la satisfaction des besoins et des droits des citoyens.
Les données montrent que seulement 44 % des administrations ont approuvé un code de conduite pour les cadres supérieurs. Parmi ceux qui le font, la plupart ne publient pas la surveillance de leur demande ni les mesures anti-fraude prévues.
De plus, la culture de l’évaluation reste un enjeu en attente pour les administrations publiques : seulement 6,4 % disposent d’indicateurs d’évaluation et 13 % d’un contrat de service agréé. En ce qui concerne les lettres, il est noté qu’elles sont principalement conçues pour informer les services offerts par l’administration, mais n’incluent pas les engagements ni les résultats de l’évaluation de ces services.
En termes de qualité réglementaire, seulement 12 % des administrations élaborent un plan avec les initiatives réglementaires qui devraient être approuvées l’année prochaine. L’évaluation réglementaire ne fait pas non plus partie de la dynamique de travail de la grande majorité des administrations.
Gouvernement ouvert
Au cours de 2024, les administrations ont reçu 24 % de propositions, suggestions et avis supplémentaires de la part des citoyens, des entreprises et du tiers secteur. Malgré cette augmentation, il reste encore beaucoup de place à améliorer pour encourager la participation citoyenne à la définition, à l’application et à l’évaluation des politiques publiques.
Enregistrement des parties prenantes
Le rapport met en garde contre un revers important, de 24 %, dans le nombre de réunions enregistrées auprès des parties prenantes et conclut que c’est dans ce domaine que la loi 19/2014 a été la moins appliquée.
Revoir le modèle pour obtenir un impact
Après une décennie d’application de la Loi 19/2014, le Médiateur catalan conclut qu’il est nécessaire de revoir le modèle réglementaire et de gouvernance de la transparence afin de l’adapter à la réalité organisationnelle et territoriale de la Catalogne. En ce sens, parmi les lignes d’action prioritaires, les suivantes se distinguent :
- Adopter une conception globale de la bonne gouvernance qui inclut tout le personnel administratif, pas seulement les hauts fonctionnaires, dans le but de prévenir les mauvaises pratiques et de promouvoir une bonne administration au bénéfice des citoyens.
- Introduire des améliorations efficaces dans la publication d’informations sur les marchés publics et sur l’octroi de subventions et d’aides par les entités publiques.
- Garantir une application efficace du principe d’équité verticale, en adaptant les obligations en termes de transparence à la capacité organisationnelle de chaque entité.
- Établir une régulation plus systématique de la participation citoyenne, avec une définition claire des droits et des limites de celle-ci.
- Intégrer des mécanismes d’évaluation et de suivi des mesures de transparence ayant un impact réel sur l’amélioration de la gestion publique.
- Améliorer le système de sanction en intégrant des mécanismes efficaces de réparation et de justice réparatrice dans le domaine de la gestion administrative de la transparence.
