
– Défenseur des droits de l’Homme de la République d’Arménie –
La Défenseure des droits de l’Homme a rendu une décision constatant une violation des droits des enfants admis directement en deuxième année de primaire (CE1), correspondant à leur groupe d’âge, au sein du système d’enseignement général pour l’année scolaire 2025-2026. De nombreuses plaintes ont été adressées à la Défenseure des droits de l’Homme concernant des violations présumées des droits de ce groupe d’enfants. Dans sa décision, la Défenseure des droits de l’Homme de la République d’Arménie, Mme Anahit Manasyan, a relevé des problèmes liés à la protection des droits des enfants admis directement en CE1, notamment leur droit à l’éducation, au repos et aux loisirs, ainsi que la garantie de leur intérêt supérieur. Des problèmes ont également été constatés concernant les compétences et les capacités des professionnels travaillant auprès des enfants, ainsi que les méthodes pédagogiques employées.
La décision de la Défenseure des droits de l’Homme a constaté que nombre de ces enfants n’avaient pas fréquenté d’établissement préscolaire. Les résultats du suivi effectué par le Bureau de la Défenseure des droits de l’Homme indiquent que, dans plusieurs localités des provinces de la République d’Arménie, les établissements d’enseignement préscolaire sont totalement inexistants ou en nombre insuffisant. La Défenseure a également relevé à plusieurs reprises de nombreux problèmes dans ce domaine.
Il convient de rappeler que, conformément aux normes internationales, l’accès à l’éducation préscolaire est une obligation de l’État. Les compétences fondamentales développées durant cette période, notamment les compétences sociales, de communication, d’organisation du processus d’apprentissage et les compétences cognitives adaptées à l’âge, préparent l’enfant à la vie scolaire. Par conséquent, en l’absence d’éducation préscolaire ou en présence de problèmes dans ce secteur, que la Défenseure des droits de l’Homme juge inacceptables, cette préparation doit être assurée au moins par l’enseignement primaire. De plus, la décision du Défenseur des droits de l’homme constate que les enfants admis directement en deuxième année de l’enseignement général éprouvent des difficultés à maîtriser les contenus pédagogiques des programmes de première et deuxième année. En particulier, comme les enfants admis en CE1 n’ont pas fréquenté le CP, le programme scolaire de CP est étudié en parallèle de celui de CE1. Afin de le maîtriser pleinement, ils participent à des activités périscolaires et suivent des cours supplémentaires, ce qui les prive souvent de moments de jeu, de repos et de loisirs adaptés à leur âge et à leur développement. La décision du Défenseur des droits de l’homme a également constaté l’apparition de difficultés psychologiques chez certains enfants, dont beaucoup ont exprimé à plusieurs reprises un sentiment d’échec et une incapacité à accomplir les tâches qui leur étaient confiées.
L’examen des demandes et plaintes adressées à la Défenseure des droits de l’Homme, des appels reçus via la ligne d’assistance téléphonique, ainsi que les résultats des visites dans les établissements scolaires ordinaires ont révélé que les enfants admis directement en CE1 souffrent de peur, d’anxiété, d’un manque de confiance en soi, de pleurs et de tension émotionnelle, qui se manifestent pendant les apprentissages et lors de la réalisation des devoirs. Les résultats de l’étude ont également montré que les élèves rencontrent des difficultés de communication avec leurs camarades, que les enfants se sentent isolés car beaucoup d’entre eux ne maîtrisent ni l’écriture ni le calcul, et que l’étude des contenus pédagogiques supplémentaires qui leur sont destinés est menée sur une période très courte, sans que les enfants parviennent toujours à les maîtriser.
À cet égard, la Défenseure des droits de l’Homme a relevé dans sa décision que l’État, conformément aux normes internationales, n’a pas garanti le droit des enfants admis directement en deuxième année de primaire, correspondant à leur groupe d’âge, d’être exempts de difficultés psychologiques, sociales, cognitives et autres, ni l’adéquation du début de leur parcours scolaire avec leurs capacités réelles et leur préparation psychologique. En conséquence, le droit de l’enfant au repos et aux loisirs, à participer à des jeux adaptés à son âge, ainsi que l’obligation de veiller à son intérêt supérieur, ont été bafoués.
Au vu de ce qui précède, la Défenseure des droits de l’Homme, Mme Anahit Manasyan, a proposé au ministère de l’Éducation, des Sciences, de la Culture et des Sports de la République d’Arménie de prendre des mesures, en tenant compte des positions exprimées dans sa décision, afin d’améliorer le cadre législatif et, concrètement, de garantir un environnement éducatif exempt de difficultés psychologiques, sociales, cognitives et autres pour les enfants lors de leur intégration dans le système d’enseignement général, ainsi que de garantir leurs droits à l’éducation préscolaire, au repos et aux loisirs, et d’assurer la formation adéquate des professionnels travaillant auprès des enfants.
La Défenseure des droits de l’Homme a également recommandé au ministère de l’Éducation, des Sciences, de la Culture et des Sports d’adopter une approche individualisée pour l’organisation de la mise en œuvre du droit à l’éducation de chaque enfant admis directement en deuxième année, en fonction de son groupe d’âge, et en veillant à ce que ce processus soit conforme à son intérêt supérieur. La Défenseure des droits de l’Homme réaffirme que l’éducation doit être centrée sur l’enfant et viser non seulement à transmettre des connaissances, mais aussi à doter les enfants de compétences essentielles à la vie, à renforcer leurs aptitudes et à favoriser un sentiment de dignité et de confiance en soi. Parallèlement, la Défenseure des droits de l’Homme de la République d’Arménie souligne les efforts de réforme entrepris par le ministère de l’Éducation, des Sciences, de la Culture et des Sports de la République d’Arménie, ainsi que la coopération constructive établie avec ce ministère, notamment à travers des initiatives visant à répondre aux problématiques susmentionnées.
