
– Conseil national des droits de l’homme d’Egypte –
La Journée internationale des droits de l’homme intervient cette année dans un contexte mondial marqué par un ensemble complexe de défis. Les tensions géopolitiques, l’élargissement des écarts économiques et les transformations technologiques accélérées ont tous eu un impact direct sur la capacité des États et des sociétés à protéger les droits des individus et à garantir leur dignité. Avec ces mutations, le sentiment de sécurité recule dans certaines régions, et la nécessité de renforcer les valeurs de justice, d’équité et de protection juridique apparaît plus clairement que jamais.
Dans ce contexte mondial, le Conseil national des droits de l’homme affirme que la protection des droits et des libertés n’est pas seulement une obligation juridique, mais constitue le pilier fondamental de la stabilité de toute société et de sa capacité à progresser. Les normes internationales des droits de l’homme, avec leurs principes de non-discrimination, de primauté du droit et de respect de la dignité humaine, ne sont pas de simples appels théoriques, mais des garanties concrètes qui se traduisent par des politiques, des législations et des pratiques ayant un impact sur la vie quotidienne des citoyens.
Ces dernières années, l’Égypte a connu des efforts importants en matière de développement des cadres législatifs et institutionnels liés aux droits de l’homme, du lancement de la Stratégie nationale des droits de l’homme et de l’élargissement des espaces de dialogue entre l’État et la société. Le Conseil considère que ces évolutions constituent une étape qualitative vers l’enracinement d’une culture des droits de l’homme en tant que composante d’un projet national plus large visant à construire un État capable de répondre aux défis de l’époque. Malgré les acquis réalisés, le Conseil est conscient que le parcours des droits de l’homme est un processus cumulatif qui requiert un suivi rigoureux, une évaluation continue et une disponibilité permanente à corriger les orientations.
Conformément à ses attributions légales, le Conseil poursuit son rôle de suivi de la situation des droits de l’homme à travers divers mécanismes, notamment la réception des plaintes, la visite des prisons et des lieux de détention, l’élaboration de rapports, ainsi que l’étude des projets de lois et des politiques publiques affectant les droits et les libertés. Ce travail vise à renforcer les principes de responsabilité, à éliminer les causes des violations et à soutenir les institutions nationales dans la mise en œuvre de leurs engagements constitutionnels et humains.
Le Conseil tient également à souligner que les droits civils et politiques sont indissociables des droits économiques, sociaux et culturels. La jouissance par le citoyen de chances équitables en matière d’éducation, d’emploi, de santé et de logement décent fait partie intégrante du système des droits de l’homme. Assurer l’équilibre entre les différentes catégories de droits est une nécessité pour garantir l’égalité des chances et réaliser la justice sociale, renforçant ainsi la confiance entre le citoyen et les institutions de l’État.
À cette occasion, le Conseil national des droits de l’homme renouvelle son engagement total à poursuivre son rôle indépendant et professionnel, à renforcer son partenariat avec les institutions de l’État, la société civile, les médias et les universités, et à œuvrer pour la diffusion de la culture des droits de l’homme en tant que responsabilité collective. Il réaffirme également que la dignité humaine, avec tout ce qu’elle implique en termes de liberté, de respect et d’égalité, constitue le fondement de tout système démocratique moderne, et l’objectif que le Conseil s’emploie à soutenir et à protéger.
