L’Avocat du Peuple poursuit ses actions pour surveiller, protéger, prévenir et combattre la violence à l’encontre des femmes et des filles, dans le cadre de la campagne « 16 jours d’activisme contre la violence de genre »

– Avocat du Peuple de Moldavie –

Dans le cadre de la campagne internationale « 16 jours d’activisme contre la violence fondée sur le genre », l’Avocat du Peuple Ceslav Panico réaffirme son engagement ferme à protéger les droits des femmes et des filles. Cette campagne mondiale est un appel annuel à la solidarité, à la responsabilité institutionnelle et à la mobilisation sociale pour mettre fin à toutes les formes de violence contre les femmes – et les interventions de l’Avocat du Peuple reflètent la nécessité d’un changement urgent et systémique.

Dans les dernières plaintes examinées, 16 cas ont été identifiés dans lesquels le Bureau de l’Avocat du Peuple (OAP) a fourni un soutien informationnel aux femmes qui demandaient des clarifications sur leurs droits, leurs mécanismes de protection et les moyens d’informer les autorités compétentes. Dans ces situations, l’OAP a fourni des conseils sur les procédures légales, facilité l’orientation vers des services spécialisés et expliqué les options d’intervention rapide, contribuant ainsi à protéger les droits et la sécurité des victimes.

Ceslav Panico a informé ex officio de l’affaire de Rădeni, ainsi que d’autres situations tragiques de violence contre les femmes et les filles, intensément médiatisées récemment. Ces notifications visent à analyser en profondeur les circonstances ayant permis l’escalade de la violence, à identifier les omissions au niveau institutionnel et à évaluer la manière dont les autorités ont géré l’enquête pénale et le processus judiciaire.

L’Avocat du Peuple souligne que les récents cas dramatiques, ainsi que les nombreuses situations non signalées, nécessitent une attention accrue des autorités publiques et une implication plus responsable de la communauté. Bien que la République de Moldavie ait progressé dans le domaine des politiques publiques de prévention de la violence (confirmé par le rapport GREVIO 2023), la réalité montre que ce phénomène reste profondément ancré dans la société, alimenté par la tolérance sociale et des instruments inégaux pour l’application des politiques institutionnelles.

Dans un cas, très médiatisé, l’Ombudsman a contribué à la prévention des actes graves de violence contre une femme, par une intervention rapide menée en coopération avec les services d’assistance sociale et la police. La femme a été : expulsée du domicile du cohabitant et placée en urgence dans un centre sûr ; informé des droits et mécanismes de protection ; assisté par un accompagnement psychologique, un soutien psychosocial et un accompagnement juridique. Dans ce cas, l’Avocat du Peuple a informé le Conseil de la presse, qui a constaté des écarts par rapport aux normes déontologiques dans le reportage journalistique, notamment la divulgation de données personnelles et médicales sans le consentement de la victime. À cet égard, l’Avocat du Peuple a appelé les médias à traiter avec sensibilité et responsabilité les cas de violence, afin d’éviter une stigmatisation et une victimisation accrues des individus.

En décembre 2024, l’Avocat du Peuple a informé d’office, sur la base d’informations fournies par Ziarul de Garda, un cas d’exploitation par le travail forcé, d’abus verbaux et de traitements dégradants infligés à une femme en situation de handicap, bénéficiaire d’un Centre de placement temporaire pour personnes handicapées. Grâce à des visites et entretiens inopinés avec les décideurs et les bénéficiaires de l’institution, des soupçons raisonnables ont été confirmés concernant : le travail forcé, l’intimidation et les abus émotionnels, la violation du droit à l’intégrité physique et mentale. Afin de protéger la victime, l’Avocat du Peuple Ceslav Panico a informé le bureau général et territorial du procureur, demandant le début d’une enquête pénale sur les indications concernant la traite des êtres humains ; a appelé à des mesures de protection contre d’autres abus ; facilité l’assistance juridique via l’OIT ; a demandé le transfert de la victime vers un service sécurisé, sous la responsabilité du Ministère du Travail et de la Protection sociale. Ces actions ont conduit à l’ouverture d’une affaire pénale pour traite des êtres humains, et la victime a été reconnue comme partie lésée et placée dans un centre spécialisé. Parallèlement, le MMPS a mis en place des contrôles internes et a remplacé la direction de l’institution, et a ordonné des mesures concrètes pour changer la situation au Centre. Cette affaire s’inscrit dans le contexte plus large du besoin pressant de réforme institutionnelle, également confirmé par la décision de la CEDH dans l’affaire I.C. c. Moldavie (2025), qui a relevé des lacunes systémiques dans la protection des droits des femmes handicapées. À cet égard, l’Avocat du Peuple a envoyé, en octobre 2025, au Département pour l’exécution des jugements de la CEDH, une communication dans l’affaire I.C.

L’institution de l’Avocat du Peuple, dans l’exercice de son mandat légal, collabore avec l’Agence nationale pour la prévention et la lutte contre la violence contre les femmes et la violence domestique dans l’analyse du phénomène de la violence basée sur le genre, y compris les situations où les victimes finissent par commettre des actes criminels à la suite de la violence subie, y compris en dernier recours lorsqu’elles ne se sentent pas protégées ou ignorées par les institutions de l’État. À cet égard, une étude approfondie a été lancée sur la manière dont l’État répond aux cas de femmes victimes de violences et ayant commis des crimes en lien avec les agresseurs, une analyse réalisée avec le soutien du Conseil de l’Europe et visant à mettre en lumière les défis du système de justice pénale dans la gestion de ces situations complexes. L’étude montre que ces femmes font fréquemment face à un manque d’approche judiciaire sensible au genre, à des interventions institutionnelles incohérentes et à des difficultés d’accès à la protection et aux services de soutien. Des données statistiques, des typologies criminelles et des circonstances sociales pertinentes sont également examinées, soulignant la nécessité d’une évaluation équitable qui prenne en compte l’historique de la violence et les vulnérabilités spécifiques des victimes. L’étude sera présentée dans les premiers mois de 2026.

L’Institution de l’Avocat du Peuple fait également partie active de :

  • des groupes de travail thématiques sur la prévention, la protection et la poursuite ;
  • du groupe pour la révision de la loi n° 137/2016 sur la réhabilitation des victimes de crimes ;
  • Conseil consultatif de l’Agent du gouvernement chargé du suivi de l’exécution des jugements de la CEDH, y compris dans les affaires de violence domestique.

À travers ces plateformes, l’Avocat du Peuple contribue à identifier des solutions pour améliorer la coordination interinstitutionnelle et la réponse des États.

Dans l’esprit de la campagne « 16 jours d’activisme », l’Avocat du Peuple réitère l’appel à :

les autorités – agir avec fermeté, coordination et responsabilité ;

les médias – pour éviter la revictimisation et respecter les normes éthiques ;

la société – ne pas tolérer la violence et informer les autorités ;

des professionnels du domaine – réagir rapidement et protéger les victimes ;

Communautés – pour créer un climat de véritable solidarité avec les femmes et les filles concernées.

2025-12-15T10:28:44+01:00
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