Communiqué de presse – Déclaration de la Médiatrice relative à RTK

– Médiateur de la République du Kosovo –

La Médiatrice exprime sa profonde préoccupation et appelle les institutions de l’État à agir immédiatement concernant la situation créée au sein de Radio Télévision du Kosovo (RTK). En raison de l’impasse institutionnelle qui a suivi les récentes élections, environ 700 employés de l’audiovisuel public se retrouvent privés de salaire mensuel.

La Médiatrice a été informée de cette situation lors d’une rencontre le 18 juillet avec la direction de RTK, au cours de laquelle celle-ci a souligné que, si la question n’est pas rapidement résolue par le Gouvernement de la République du Kosovo, RTK risque de cesser ses activités faute de budget.

Cette situation, conséquence directe de l’incapacité à constituer l’Assemblée et de l’absence d’une autorité active habilitée à approuver les dépenses budgétaires, constitue un risque clair de violation des droits humains fondamentaux. Il ne s’agit pas seulement d’une crise politique : il s’agit d’une violation de droits fondamentaux.

La Médiatrice souligne que cette situation porte atteinte à plusieurs droits garantis par la Convention européenne des droits de l’Homme :

  • Le droit de propriété – les salaires perçus en contrepartie d’un travail sont considérés comme un droit de propriété protégé. Le non-versement des salaires pour cause de dysfonctionnement politique constitue une ingérence illégale.

  • Le droit à un recours effectif – en l’absence d’autorité fonctionnelle, les travailleurs ne peuvent pas faire valoir leurs droits devant la justice de manière effective.

  • La liberté d’expression – si cette situation affecte le fonctionnement des médias publics, alors le droit du public à une information libre et impartiale est également menacé.

La Médiatrice appelle le Gouvernement en exercice à utiliser des mécanismes budgétaires temporaires pour assurer le versement des salaires.
L’État ne peut pas se dérober à ses obligations fondamentales envers les citoyens sous prétexte d’une crise institutionnelle. Le non-paiement des salaires n’est pas une question technique : c’est une question de dignité, de sécurité vitale et de justice sociale.

2025-07-28T13:48:10+02:00
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