Le Défenseur des droits de l’homme d’Arménie appelle à faire cesser immédiatement les obstacles au travail des journalistes à l’Assemblée Nationale

– Défenseur des droits de l’Homme de la République d’Arménie –

L’interruption du travail professionnel des représentants des médias qui prenaient des photos et des vidéos depuis la loge de la salle de séance de l’Assemblée nationale et leur expulsion par la force de la loge par les agents du service de sécurité de l’Assemblée nationale sont catégoriquement inadmissibles pour le Défenseur des droits de l’homme d’Arménie.

Ces phénomènes condamnables ont en outre un caractère continu, et les actions des agents de sécurité n’ont aucune justification.

Or, il convient de rappeler que la loge de l’Assemblée nationale a été spécialement construite pour les journalistes.

Le Bureau du Défenseur des droits de l’homme a discuté des incidents de ces derniers jours avec les journalistes qui effectuaient leur travail professionnel à l’Assemblée nationale. Ils ont indiqué qu’ils ont été expulsés de la loge au moment où la situation devenait tendue dans la salle de séance de l’Assemblée nationale et que des perturbations se développaient.

Par exemple, le journaliste de Civilnet.am, M. Gevorg Tosunyan, a noté que les agents du service de sécurité de l’Assemblée nationale ont commencé à les expulser des deux pavillons au moment où ils ont réalisé que la situation dans la salle de réunion devenait tendue. Les agents de sécurité ont poussé les journalistes hors de la loge, et lorsqu’ils ont réalisé que le journaliste filmait la scène, ils l’ont traîné de manière agressive et ont exigé qu’il arrête de filmer et quitte la loge.

Dans un autre incident, la journaliste de Factor.am, Mme Meri Martirosyan, a indiqué que les agents de sécurité ont fait sortir les hommes du pavillon en les traînant et en les poussant, sans justifier leurs actions. Ceci a été réaffirmé par le journaliste de Hraparak.am M. Vahe Makaryan.

Le Bureau du Défenseur des droits de l’homme a étudié les vidéos publiées et non publiées.

Les études démontrent que les militaires étaient en effet agressifs envers les journalistes. Ils interdisent aux journalistes de rester dans la pièce qui leur est réservée ; et ils expulsent certains journalistes de cette pièce en utilisant la violence physique.

Par exemple, dans l’une des vidéos, un militaire en uniforme fait sortir deux femmes journalistes de la salle en leur saisissant les mains.

Dans une autre séquence de la vidéo, il est évident que les militaires pénètrent dans une autre pièce réservée aux journalistes et commencent immédiatement à interdire les prises de vue sans formuler de demande spécifique ou expliquer le but de leur action, et sans permettre aux journalistes de comprendre la demande et de quitter la pièce par eux-mêmes.

On ne voit par ailleurs pas comment les journalistes pourraient mener leur travail sans filmer les agents de sécurité alors qu’ils sont partout.

Par conséquent, les restrictions appliquées aux activités des journalistes dans le bâtiment de l’Assemblée nationale depuis le 2 août démontrent déjà qu’elles n’ont rien à voir avec les questions de sécurité du bâtiment, mais qu’elles restreignent simplement l’activité des journalistes sans aucun motif, créent des obstacles aux activités journalistiques et affectent négativement la réputation du journalisme dans la société.

L’activité professionnelle sans entrave des journalistes devrait être garantie encore plus au Parlement, car ce dernier est le principal garant de la démocratie dans le pays.

La libre activité des journalistes est de plus une garantie du contrôle des citoyens sur la liberté d’expression et, par conséquent, sur les organes et les fonctionnaires de l’Etat.

Le Défenseur des droits réaffirme sa position selon laquelle un journaliste ne doit pas être privé du droit de recevoir des informations « de première main » ou « extrêmement importantes », y compris le droit de poser des questions aux députés sur place, de réaliser des interviews ou de recevoir des commentaires.

Il s’agit également de la possibilité de couvrir les incidents des 24-25 août à l’Assemblée nationale.

Le journaliste doit avoir la possibilité de publier des informations qui se présentent à un moment donné, y compris des informations sensationnelles ou exclusives.

Ceci devrait être pris en considération par tous les députés, tant dans la faction au pouvoir que dans l’opposition.

Par conséquent, la position du Défenseur des droits est claire : les obstacles à l’activité des journalistes à l’Assemblée nationale, et en particulier à la loge, doivent cesser immédiatement.

02/09/2021. Traduction non officielle. Lien vers l’article originel

Site internet du Défenseur des droits d’Arménie
2021-09-01T16:13:12+02:00
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