Le Síndic dénonce le fait que la réduction de la présence en classe de dernière année d’école secondaire a été appliquée de manière inégale dans les écoles publiques et subventionnées par l’État

– Sindic – Defensor de les persones (Catalogne – Espagne) –

L’enseignement à distance présente des difficultés lorsqu’il s’agit de consolider l’apprentissage et de répondre aux besoins éducatifs des étudiants. Les écoles privées subventionnées ont eu tendance à maintenir un taux de fréquentation plus élevé que les écoles publiques. Il n’existe pas de mesures de discrimination positive dans les écoles les plus prestigieuses et difficiles.

Dans les instructions pour l’année académique 2020/2021 des centres éducatifs de Catalogne, datées du 30 juin 2020, le Département de l’Éducation a prévu la commodité de planifier une réduction de la fréquentation si elle devait être appliquée dans des circonstances exceptionnelles, ou si cette fréquentation ne pouvait pas être garantie pour tous les élèves du centre, et a déterminé que cette fréquentation ne pourrait pas être inférieure à 50% de l’horaire.

Compte tenu de l’évolution de la pandémie, le 29 octobre 2020, le Département de l’éducation a publié un communiqué sur les nouvelles mesures sanitaires dans lequel il énonce l’obligation de réduire la fréquentation des étudiants dans les études post-obligatoires, c’est-à-dire le baccalauréat, la formation professionnelle intermédiaire et la formation professionnelle supérieure. Cette réduction de la fréquentation devait être maintenue jusqu’au 26 avril.

Au cours de ces six mois, le Síndic a reçu des plaintes concernant les restrictions liées à l’assiduité au lycée et les éventuelles différences dans l’application de cette mesure entre les écoles publiques et subventionnées.

L’analyse de la mesure visant à réduire le nombre d’étudiants présents dans les écoles secondaires supérieures a révélé une grande disparité interne des situations, qui ont pu générer des plaintes et également accentuer les inégalités éducatives.

D’une part, le Síndic a constaté un comportement différencié en fonction de la propriété des écoles, de sorte que les écoles publiques ont eu tendance à offrir, bien que pas toutes et avec des variations tout au long de la période, un taux de fréquentation de 50%, tandis que les écoles subventionnées par l’État ont eu tendance à offrir un taux de fréquentation nettement supérieur à 50%. En outre, dans de nombreuses écoles publiques, la non-fréquentation s’est développée un jour sur deux, tandis que dans le cas de plusieurs écoles subventionnées par l’État, la non-fréquentation s’est concentrée l’après-midi, alors que la fréquentation quotidienne de l’école a été maintenue.

De plus, le Síndic a également noté qu’il existe des écoles subventionnées par l’État qui ont maintenu une fréquentation de 100% (ou presque) pendant les heures de cours, dans lesquelles sont réalisées des activités curriculaires, concentrées le matin, et que la non fréquentation s’est limitée aux activités complémentaires, situées l’après-midi. Dans le cas des écoles publiques, la non-fréquentation s’est entièrement concentrée sur l’emploi du temps scolaire.

Enfin, le Síndic a également noté que le niveau de prestige de de l’école n’a pas toujours conditionné le modèle et l’intensité de la réduction de la fréquentation. Certaines écoles secondaires publiques de complexité maximale ont maintenu une présence pendant les mois de 50% au lycée, tandis que la majorité des écoles subventionnées par l’État de complexité moyenne ou faible ont maintenu une présence autour de 70-90%. À la lumière de ce fait, le Síndic rappelle qu’il a déjà exigé des mesures de discrimination positive contre les écoles de difficulté maximale, dans le but de garantir une attention adéquate aux besoins éducatifs spécifiques de leurs élèves.

Il faut rappeler que, comme le Síndic l’a déjà indiqué au Département de l’Éducation, l’enseignement à distance ne garantit pas pleinement le bon déroulement du programme d’études pour tous les élèves, en particulier pour les élèves socialement défavorisés, qui ont plus de difficultés à suivre l’activité d’apprentissage programmée en raison des problèmes de connectivité et du manque de soutien familial. En effet, dans le but de garantir le droit à l’éducation avec l’égalité des chances, le Síndic a déjà demandé au Département de l’Éducation de s’assurer que les écoles disposent des moyens nécessaires, des conditions matérielles adéquates et des directives appropriées et claires pour garantir, dans la mesure du possible, l’année académique 2020/2021 dans la modalité in situ.

En ce qui concerne la dispersion des réponses entre les écoles, le Síndic a déjà dénoncé pendant les mois de confinement, et également avec les plans de réouverture, que s’il est vrai que les écoles disposent d’une large autonomie pédagogique, organisationnelle et de gestion, il est également vrai que cette autonomie a des limites, et qu’elle ne doit pas être utilisée pour établir des différences (et les inégalités) en termes de fréquentation scolaire des enfants ou en termes de jouissance du droit à l’éducation avec des chances égales.  Les différences entre écoles qui entraînent ou génèrent des inégalités éducatives pour les élèves vont au-delà de ce qui peut être considéré comme acceptable du point de vue du respect de ces marges d’autonomie.

Pour toutes ces raisons, le Síndic demande au Département de l’Éducation d’évaluer la disparité des mesures adoptées par les centres éducatifs face à la nécessaire réduction de la fréquentation, surtout entre les secteurs, et, pour les occasions futures, d’établir des critères clairs pour rendre l’autonomie des centres compatible avec l’exercice du droit à l’éducation avec des chances égales pour tous les élèves, indépendamment du centre où ils sont inscrits.

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