31 mars: Journée internationale de la visibilité Trans – Le Délégué générale soutient l’appel des associations de défense des droits des enfants transgenres et intersexes

– Délégué général aux droits de l’enfant (Belgique) –

Ce 31 mars, Journée internationale de visibilité transgenre, l’association Transkids alerte sur l’invisibilisation des enfants trans à tous les niveaux de la société belge BRUXELLES, MERCREDI 31 MARS 2021.

Transkids , première association dédiée à l’accompagnement des enfants en situation de transidentité et de leurs familles, alerte sur l’invisibilisation des vécus des enfants transgenres. La vision stéréotypée des genres véhiculée par la société empêche les familles et les professionnels de l’enfance d’autoriser aux enfants d’explorer les genres.

Il y a deux ans, le 31 mars 2019, l ’association Transkids voyait officiellement le jour suite à un constat alarmant : la réalité des enfants transgenres est inconnue, voire niée, et fait l’objet de nombreux préjugés tant au niveau familial et scolaire que de la part des professionnels de l ’enfance et de la santé. Deux ans plus tard, la situation reste critique. Bien que la Belgique soit considérée sur le plan international comme exemplaire au niveau de l ’inclusion des personnes transgenres et du respect de leurs droits, la réalité n’est pas si rose: dans les faits, le vécu des enfants trans oscille toujours entre invisibilisation et discrimination, à tous les niveaux de la société belge.

Au niveau juridique, les enfants trans n’existent pas En Belgique, il est l également possible de changer de prénom à 12 ans et de marqueur de genre sur les documents d’identité à 16 ans. Ce qui signifie que la loi ne prévoit rien pour les enfants de moins de 12 ans, et crée un écart de 4 années entre les deux minimums l égaux. Cette situation s’avère très inconfortable pour les enfants et leurs familles (par exemple lorsque le prénom choisi ne coïncide pas avec le marqueur de genre) et génère des coming out forcés.

Une autre conséquence de cette invisibilisation juridique est l ’absence de protection des enfants trans dans les cas de violences ou maltraitances transphobes.

A l’école, l’environnement stéréotypé nie la diversité et la réalité des enfants trans qu’il s’agisse de la séparation des toilettes et des vestiaires ou de la division du groupe classe entre filles et garçons lors des activités, l ’école enferme les enfants dans des normes rigides de genre.

D’une part, ces normes ne laissent pas la place aux enfants trans d’exister librement. D’autre part, elles empêchent l ’ensemble des enfants de questionner les l imites des stéréotypes et des injonctions de genre. Ces mécanismes sociaux et éducatifs ont pour effet de nier la diversité de genre et engendrent de nombreuses violences physiques et psychologiques. L’association déplore que les thématiques en lien avec les transidentités dans l ’enfance ne figurent pas au programme dans la formation des futurs professionnels de l ’enfance et de la jeunesse. Les professionnels de la santé ne sont pas formés aux transidentités. Les travaux de recherche soulignent pourtant l ’importance de la mise en place de lieux d’accueil bienveillants et de professionnels formés. Les conséquences de ces manquements sont sévères pour la santé des enfants transgenres, notamment au niveau de leur santé mentale, à cause du manque de structures d’accueil et de soins adaptées. L’association Transkids tire la sonnette d’alarme quant aux carences constatées et aux dérives importantes au niveau des prises en charge: psychiatrisation, pathologisation, approches normatives et refus de soins en raison de la transidentité des jeunes patients sont monnaie courante. Cela crée un climat de détresse chez les enfants transgenres et leurs proches, qui consultent pourtant ces professionnels afin d’obtenir de l ’aide.

L’invisibilisation sociétale se répercute directement sur le noyau familial. Les conséquences de cette invisibilisation à tous les niveaux de la société a une répercussion directe sur la place des enfants trans au sein de leur propre famille: ces enfants ne s’autorisent pas, ou ne sont pas autorisés, à questionner et explorer leur propre genre. On sait pourtant qu’il est fondamental pour les enfants d’avoir la possibilité d’exister de façon authentique, afin de nourrir leur développement identitaire.

Transkids remplit une mission de plaidoyer politique et juridique afin de faire reconnaître les droits des enfants transgenres, sans âge minimum, notamment en visant l’application de la Convention internationale des Nations Unies qui les protège au même titre que tout autre enfant.

Transkids sensibilise ces futurs professionnels en intervenant dans les classes des universités et des hautes écoles.

Transkids informe et forme les professionnels de la santé, accompagne au niveau psycho-social les enfants concernés et leurs familles, et constitue une base de données de professionnels bienveillants et formés aux spécificités de l’accueil d’enfants trans.

Transkids veille, au travers ses nombreuses activités, à accompagner les enfants dans la quête de leur identité de genre ressentie et à donner du poids à leurs vécus.

Pour prendre contact avec l ’association: www.transkids.be ou hello@transkids.be

Retrouvez ici le texte du communiqué de presse de Transkid (.pdf)

Site internet du Délégué général aux droits de l’enfant
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